Voici la suite de mon périple solitaire islandais, où j’ai appris :

13 – Que d’avoir pris un Français qui faisait du pouce a été fructueux. On a fait deux heures de route ensemble, de Vík í Mýrdal jusqu’au camping de Skaftafell, et on a eu une belle conversation. Il m’a aussi fait connaître deux autres «back-packers» français, qui étaient vraiment sympathiques.

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Neils contemplant les étranges colonnes de lave solidifiée de Dverghamrar.

14 – Les chemins de gravelle, c’est un peu comme conduire dans la neige. J’ai bien failli m’y enliser, une fois – je n’arrivais plus à sortir de l’endroit où je m’étais stationnée… Après beaucoup de manoeuvres, de panique et de petites roches qui ont percuté mon véhicule, je suis parvenue à maitriser la bête! Encore une fois, ouf…

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Une montagne étrange, dont je n’ai pu retracer le nom..

15 – Qu’avoir Internet en voyage est un peu inutile, sauf pour donner des nouvelles, ou encore réserver des activités (d’ailleurs, on ne devrait pas être obligé de faire ça, à mon humble avis!). Pas besoin de divertissements autres que de la musique et des livres, pour décompresser en fin de journée, alors que toutes les merveilles du monde se sont dressées devant mes yeux. D’ailleurs, avoir mis seulement quelques albums dans mon cellulaire fut répétitif… et les radios islandaises ne «pognent» vraiment pas partout! J’étais un peu saturée de Bjork, Sigur Rós, Motionless In White et 30 seconds To Mars!

D’ailleurs, je me suis beaucoup servie de cartes et de guides touristiques. Mais bon, les technologies sont là pour nous supporter et il faut quand même en profiter! C’est quasi-impossible de se perdre en Islande, car il n’y a vraiment pas beaucoup de routes. Toutefois, j’ai eu recours à une application GPS qui ne prend pas de données, nommée HERE WeGo. On n’a qu’à télécharger la carte du pays au préalable, avec une connexion WiFi. Et voilà! Obsolètes, toutes ces machines vendues à cet usage unique!

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La magnifique petite rivière de Tungufljot

16 – Qu’il vaut mieux aller voir des glaciers et des cratères en personne plutôt que dans un musée. Je suis allée dans le Lava Center (à Hvolsvöllur, 100 km de Reykjavik) et j’ai été un peu déçue ; pourquoi vivre des simulations de tremblements de terre alors qu’il s’en passe réellement?! Mais j’ai vraiment apprécié le Saga Center, où j’ai longuement flâné tout en lisant l’histoire de Nil Le Brûlé. J’ai commis toute une bévue d’ignorante ; nonchalamment, je feuilletais un livre, fascinée par la beauté de l’écriture islandaise. Peu après, un guide a expliqué à un groupe de gens que c’était un vieux manuscrit très précieux, car il était un rescapé des flammes d’un ancien musée… Oups!

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Moment de connexion quasi-mystique avec la littérature…

17 – Que le véganisme semble bien répandu en Islande, ou, à tout le moins, connu d’une grande majorité de gens. Il y avait toujours des options, même dans les dépanneurs ouverts 24 heures d’apparence banal, et à l’aéroport aussi. Beaucoup de restaurants véganes sont également présents à Reykjavik! Je ne m’en suis payé qu’un seul au cours de mon séjour : Gló, situé sur la principale artère commerciale, Laugavegur.

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Je me suis régalée d’une excellente pizza crudivore, accompagnée de trois délicieuses salades, chez Glo.

18 – Que grâce à mon anglais, j’ai pu aider des touristes espagnols qui avaient une crevaison. Ils étaient pris dans la cour d’une petite église blanche et rouge, où je m’étais arrêtée pour prendre quelques clichés, et je leur ai offert mon aide. J’ai contacté leur compagnie de location de véhicule, pour qu’ils viennent réparer le pneu crevé, à cet endroit perdu. Ouch, le prix de réparation! Ils m’ont chaleureusement remerciée et j’étais contente d’avoir pu voler à leur secours.

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Il y a vraiment beaucoup d’églises de ce genre un peu partout, parfois dans des «villages» minuscules où il n’y a qu’une dizaine de maisons!

19 – Que le village (291 habitants) de Vík í Mýrdal possède une sorte de force surnaturelle, attrayante et inoubliable. Plage de sable noir avec vue sur les Reynisdrangar (hautes colonnes de basalte sculptées par la mer) et la montagne Reynisfjall. Il y a vraiment quelque chose à cet endroit : esprits, fantômes, forces surhumaines ? L’énergie qui y règne est surprenante. Tout apparaît soudain si clair. Les contrastes y sont rehaussés très vivement – comme si notre perception était altérée par une quelconque substance invisible, inodore, qui flotte dans l’air et qu’on respire à pleins poumons, amenée par les vagues…

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Les vagues de Vík peuvent être meurtrières. Un phénomène appelé «sneaky waves» a pris quelques touristes par macabre surprise récemment…

20 – Que de croiser de nombreux autres voyageurs solitaires m’a donné beaucoup de courage et d’énergie. Leur détermination me dépassait ; les cyclistes et les « backpackers» avaient un confort beaucoup plus rudimentaire que le mien! Bardés de leur lourd attirail, ils étaient semblables à des bernard-l’hermite sur roulettes ou à pied. Kilomètre après kilomètre, sur des routes reculées, ayant pour seules compagnes les magnifiques Nootka Lupine, dont les vastes champs s’étendaient à perte de vue de chaque côté… Chapeau!

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Ces belles fleurs ont été introduites en Islande dans la première moitié du 20e siècle, pour combattre l’érosion et aider à la reforestation.

21 – Qu’il existe une source chaude naturelle GRATUITE. Reykjadalur est littéralement la vallée de la vapeur. Dire que la veille, j’avais payé environ 40$ pour aller au Secret Lagoon, à Flúðir. Belle arnaque à touristes! Une famille de Suédois, croisée au hasard à l’entrée d’un parc national, m’a fait connaître cet endroit. Après une longue marche revigorante de 3,5 km dans la montagne, on a atteint le ravin d’eau quasi-bouillante. J’étais incertaine de vouloir me baigner, tellement c’était chaud! Mais finalement, j’ai dépassé certains complexes lorsqu’une belle latino de San Francisco m’a encouragée à me baigner en sous-vêtements (je n’avais pas mon costume de bain, étant donné mon ignorance de la source au bout de la randonnée. Je me suis dit que ça revenait au même, des sous-vêtements ou un bikini!) De plus, il n’y avait que des panneaux rudimentaires pour se changer – la pudeur n’est pas trop dans les moeurs islandaises! D’ailleurs, avant d’accéder aux spas en Islande, il faut prendre une douche au naturel, alors… Libération. Donc, à l’endroit où j’étais, il y avait un autre petit ravin, qui était glacial, bizarrement. Et les deux températures extrêmement opposées se rejoignaient où j’étais assise… Wow!

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L’entrée de cet endroit magique. La plus grosse colonne de fumée à gauche provient d’un «mud pit» (un trou rempli de boue bouillonnante)!

22 – Que dix jours sans faire de lessive, ce n’est pas si long! J’avais emporté avec moi du savon à lessive de voyage et un grand sac, mais finalement, je n’ai que reporté le même linge plusieurs fois, vu qu’il ne faisait pas trop chaud (entre 5 et 15 degrés, environ). Alors avec même la moitié des vêtements que je pensais apporter, je me suis bien débrouillée. D’ailleurs, j’ai appris que d’aller dans un pays de glace sans manteau d’hiver, ce n’est pas très intelligent. Mon manque d’équipement m’a fait manquer une belle randonnée sur un glacier. Zut.

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Superbe vue sur Vatnajökull, la plus grande calotte glaciaire d’Islande.

23 – Que de me trouver devant le grandiose Geysir était magique. Véritable monument naturel qui a donné naissance à un mot traduit dans toutes les langues, le grand Geysir est toutefois maintenant en dormance. De la fumée s’échappait de ses entrailles profondes, comme une menace imminente… Strokkur (autre plus petit geyser sur le même site) a jailli plusieurs fois, presque à intervalles de dix minutes. Ses massifs piliers de fumée qui s’élevaient vers le ciel dispersaient une odeur de soufre. Je me suis réchauffé les mains dans la vapeur qui s’échappait des sources chaudes de forme ronde ; j’ai contemplé d’ardents ravins d’eau qui serpentaient entre les geysers… Irréel.

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Geysir, dont l’âge est estimé entre 8 000 à 10 000 ans, a déjà projeté de l’eau jusqu’à une hauteur de 170 mètres!

24 – Que non, ce ne sont pas des elfes qui vivent dans les petites maisons au toit d’herbes grasses! Je suis tombée par hasard sur cette mignonne construction étrange, et j’ai appris que celle-ci se nommait «The Shed» et était un abri pour les gens attendant le transport en commun entre Vík et Reykjavik. Elle a aussi été utilisée pour les contenants de lait : comme les camions avaient souvent du retard à cause des conditions difficiles de la route, la «Shed» était utilisée pour aider à conserver le lait en été.

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La pierre, la terre et l’herbe épaisse servent à isoler ces abris surréalistes. Illusions détruites!

25 – Que de vivre 10 jours dans un véhicule, ça donne une étrange impression de liberté, mais d’emprisonnement en même temps. C’est bizarre de ne pas avoir d’endroit où vraiment poser ses valises lorsqu’on arrive, ou d’avoir d’endroit précis où «chiller» (de pouvoir lire/écrire dans une position confortable, autre qu’assise derrière le volant ou couchée…). Ça m’a aussi demandé une dose extraordinaire de patience et d’énergie, pour faire des choses de base (m’habiller, me changer, faire de la bouffe, les besoins naturels…). D’ailleurs, une chance que je suis flexible, pour pouvoir réussir à me coucher en arrière sans avoir à sortir dehors en pyjama!

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Mon «setup» de dodo!

Mais surtout, surtout… J’ai appris qu’en nous-mêmes se trouve la clé pour accéder à tous ces trésors. En nous-mêmes, se trouvent les lieux qu’on appelle : maison, liberté, création, ressourcement… J’ai été la première à être surprise de ma propre «audace», qui m’a poussée vers les confins de ces vastes landes vertes et ondoyantes, où il n’y avait âme qui vive à des kilomètres…

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Magnifique chute nommée Glugafoss

Pour un récit plus détaillé et plus de photos, allez sur mon blog : https://rockinsane6.wordpress.com/ 

Et vous, avez-vous des rêves inachevés? Des projets toujours mis de côté? Quelles sont les raisons de vos empêchements… à part la peur? Si j’ai réussi à faire ça, vous êtes capable aussi. Un peu d’organisation, de débrouillardise et de planification… C’est la clé du succès, selon moi. J’espère vous avoir fait rêver et vous avoir donné le goût de voyager… que ce soit seul ou accompagné!

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Devant Bluesi (sur le site du Geysir), une source naturelle chaude, d’un bleu phosphorescent et irréel!

 

Roxane Labonté

Roxane Labonté est une rédactrice passionnée qui a à coeur de transmettre ses expériences personnelles. Que ce soit via son blogue, ses critiques de spectacles ( http://sorstu.ca/auteur/roxanelabonte ), ou ses collaborations dans différents sites, sa plume sait trouver les justes mots pour captiver toutes ses observations et expérimentations!

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